• Après avoir laissé passer le fuyard, le convoi se remit en route,
    chacun ayant repris sa place.
    La journée se passa sans nouvel incident, rythmée par les
    conversations des marchands, auxquels étaient mêlés quelques passagers
    cherchant simplement a franchir la Route des Rois en bonne compagnie.
    Ils arrivèrent le soir même a L’échiquier, alors que la nuit était tombée.
    Celui ci se composait de 64 cases géantes, noires et blanches. De chaque cote, - cote mer-mer - les pièces, respectivement noires ou blanches, étaient alignées sagement en deux rangées. Elles étaient immenses, démesurées, magnifiques. Et il manquait les deux Rois.
    On pouvait d ailleurs voir trace de leur passage : chaque Pion au devant de la case vide que contenait un Roi était avance de deux cases.
    Un des marchand dirigea la mise en place des caravanes. Celles ci furent disposées en un grand cercle, cercle au milieu duquel fut allume un feu immense et chaleureux. Les voyageurs se rassemblèrent autour.
    Trois des cavaliers se joignirent a ceux ci pour le diner, et les
    trois autres montèrent la garde.
    Le chevalier accompagnant Dargost resta a l'écart, se postant quant a lui a l entrée de l Échiquier, du cote du Premier Continent - vers l'endroit d ou ils venaient.
    Il descendit de sa monture et entreprit de la desharnacher.

    -------------

    Le garde fronça un instant les sourcils, tout d'abord parce qu'il ne comprenait pas vraiment le fait que le marchand donne ainsi son nom à lui à un parfait inconnu. Bien qu'il soit relativement haut placé pour son âge, Dragost restait un garde et se devait d'entretenir une relation assez impersonnelle avec ceux qu'il encadrait. Et de plus, cet homme en question était recherché, et il était maintenant très clair qu'il fuyait. Le chevalier serra les dents. Il ne faisait que convoyer le riche marchand, pas assurer la sécurité. Il était garde après tout, pas chasseur de primes, et avait un poste à tenir. Il se résigna donc à lâcher le pommeau de son épée et soupira, se rangeant de nouveau à sa place dans le convoi.

    -------------

    Celui qu il lui faisait face hocha la tête après un bref moment d'hésitation.
    "Merci" dit-il simplement.
    Il fixa un instant la main du garde, méfiant. Puis émit un bref claquement de langue, mettant son cheval au pas, continuant sa route.
    "Attendez !"
    C’était Thaer.
    "S'il vous plait, donnez-nous au moins votre nom. Le mien est Thaer, le sien Dargost. Et ma fille se nomme Maiwenn."
    Le cheval noir s immobilisa.
    L'inconnu se trouvait maintenant coince entre eux et la mer. Il tourna la tete, fixant l homme avec etonnement. Dargost vit alors son visage
    : une peau pale, des yeux singuliers. L un noir et l autre bleu.
    On pouvait nettement percevoir l angoisse qui émanait de lui. Son visage....son visage lui était familier. Ou donc....?
    "Mon nom est Solian" lâcha t il froidement.
    Il détourna la tête, et se remit en route.

    Cet homme. Le visage de cet homme.... se trouvait sur les affiches du deuxième continent. Celui qu il quittait en ce moment même. Un
    criminel.


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